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Vivre avec la maladie

Les cancers du Côlon

Qu’est-ce que c’est ?

Les cancers du côlon et du rectum touchent chaque année en France plus de 45000 personnes (d’après les données de l’INCa de 2020). En effet, ce cancer est au troisième rang des cancers les plus fréquents : le deuxième chez les femmes et le troisième chez les hommes. De plus, il survient en grande majorité chez les personnes âgées de 50 ans et plus avec un âge moyen au diagnostic en 2018 : 71 ans chez l’homme et 72 ans chez la femme. Enfin, le nombre de décès par cancer du côlon et du rectum est estimé en 2018 à 17000 (9000 hommes et 8000 femmes).

Les cancers du côlon

Les cancers du côlon et du rectum sont des adénocarcinomes (tumeurs malignes) qui se développent aux dépens des cellules de la muqueuse colique. Cette maladie est définie selon sa localisation qui modifie la prise en charge (côlon droit, côlon gauche, rectum) d’une part et par le statut moléculaire de la tumeur, d’autre part.

Témoignage patient

André, retraité de la SNCF, nous partage son parcours sur son cancer du côlon. 

Découvrez son témoignage et ses impressions dans ce combat contre le cancer. 

Une maladie complexe avec des nombreux intervenants

Le cancer du côlon est un cancer particulier qui, contrairement à de nombreux cancers, peut être guéri à un stade métastatique lorsque l’on combine un traitement multimodal associant des traitements médicaux et des traitements locaux (chirurgie, radiothérapie, radiologie interventionnelle). Une prise en charge initiale par une équipe experte dans ce cas de figure change le pronostic de la maladie.

Une maladie nécessitant un profilage moléculaire pour adapter le traitement

On sait maintenant qu’il ne faut pas parler du cancer du côlon, mais des cancers du côlon. De nombreux facteurs moléculaires, génétiques et cliniques influent sur le pronostic, mais aussi sur la qualité de la réponse au traitement. Ainsi, la stratégie thérapeutique va dépendre du côté de la tumeur, (côlon droit ou côlon gauche), du type histologique, de la localisation des métastases, des caractéristiques moléculaires (statut des microsatellites, mutation des gènes RAS, BRAF, PI3K, expression HER2).

Les symptômes

Les symptômes les plus fréquents d’un cancer du côlon combinent à la fois des problèmes de transit et une altération inexpliquée de l’état général du patient. 

Ces derniers peuvent se manifester sous différentes formes :

Douleur abdominale

Occlusion digestive

arrêt des gaz et des selles avec des vomissements

Troubles du transit

avec alternances diarrhée-constipation

Présence de sang dans les selles

Fatigue inhabituelle et persistante

Perte de poids inexpliquée

Perte d’appétit

Une prise de sang révélant une anémie

Le dépistage

Aujourd’hui, il existe un dépistage organisé sur le plan national qui repose sur la recherche de sang dans les selles par un test qui est proposé tous les 2 ans à partir de 50 ans.

Le diagnostic

Le diagnostic du cancer du côlon repose sur une coloscopie réalisée le plus souvent sous anesthésie générale. Cette dernière permet de confirmer la présence d’une tumeur, sa localisation et la réalisation d’un prélèvement histologique (la confirmation du diagnostic de cancer). Afin d’avoir un diagnostic complet, les caractéristiques du cancer seront recherchées grâce à différents examens :

Premièrement, la réalisation d’un bilan d’extension par imagerie avec un scanner du thorax et de l’abdomen et du pelvis.

De plus, une IRM du rectum ou un TEP – Scan
peuvent être demandés.

Deuxièmement, un diagnostic histologique : suite à une biopsie réalisée le plus souvent pendant la coloscopie.
Ainsi, l’anatomopathologiste va analyser les tissus
pour définir le type, le sous-type histologique du cancer
et mettre en évidence la présence de marqueurs permettant d’adapter le traitement.

Enfin, une analyse moléculaire pour rechercher des potentielles mutations prédictives telles que le gène RAS impliqué dans le développement de ces cancers.

Les facteurs de risque

Le cancer du côlon a une origine multifactorielle :
l’hérédité, le mode de vie, l’exposition à des substances qui favorisent la survenue de cancer.
On répartit ainsi les patients en 3 groupes :

Premièrement, les personnes à risque moyen :
âgés de plus de 50 ans pour lesquels
un dépistage national par recherche de sang
dans les selles est proposé.

Deuxièmement, les personnes à risque élevé de cancer colorectal : antécédent de polype, de cancer du côlon, ou de parent atteint d’un cancer colorectal avant 65 ans,
de maladie inflammatoire chronique de l’intestin.

Troisièmement, les personnes à risque très élevé
de cancer colorectal :
porteuses de maladie génétique
prédisposant au cancer du côlon.

Ces 2 dernières catégories de personnes nécessitent une surveillance particulière par un gastro-entérologue.

Actuellement, les anomalies moléculaires recherchées en routine consistent en :

  • Une recherche de l’instabilité des microsatellites permettant de sélectionner les malades qui bénéficient d’un traitement par immunothérapie
  • Une recherche de mutations des gènes RAS permettant de contre-indiquer les thérapies ciblées de type anti-EGFR (qui sont inefficaces pour ces maladies)
  • Une recherche de mutations du gène BRAF permettant de proposer un traitement par des thérapies ciblées visant le gène BRAF.

Parfois, une IRM du rectum ou un TEP-Scan peuvent être demandés.

Les traitements

Le traitement du cancer colorectal est lié essentiellement au stade et aux caractéristiques moléculaires des tumeurs.

Les tumeurs du colon localisées relèvent le plus souvent d’une intervention chirurgicale visant à enlever la tumeur. Dans certains cas, cette chirurgie s’accompagne d’une chimiothérapie postopératoire dite « adjuvante ».

Enfin, pour les cancers du rectum localisés, un traitement par radiothérapie seul
ou combiné à la chimiothérapie est effectué avant la chirurgie, en situation «néoadjuvante ».

Les stratégies thérapeutiques des cancers métastatiques sont plus complexes. Ces dernières peuvent combiner une chirurgie de la tumeur primitive et des métastases traitées par une chimiothérapie. Mais la plupart du temps, le traitement repose essentiellement sur des traitements médicaux comprenant des chimiothérapies intraveineuses ou orales, des thérapies ciblées dont l’administration dépend des caractéristiques génétiques de la tumeur. Enfin, un petit sous-groupe de malades peut bénéficier d’immunothérapie par anti PD-1 (inhibiteur de point de contrôle) avec des résultats souvent remarquables.

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