Votre cancer

Vivre avec la maladie

Nutrition

Nutrition et Cancer

Près de 40% des cancers sont évitables, dont 16 à 20% liés à des facteurs alimentaires. Si l’alimentation à elle seule ne permet pas de s’affranchir du risque de cancer ou ne peut guérir la maladie, il existe de bonnes habitudes hygiéno-diététiques à adopter en prévention primaire (pour éviter l’apparition d’un cancer) et en prévention secondaire (en cas de cancer en cours de traitement ou en rémission).

Les impacts de l'alimentation sur le traitement

Puis-je consommer de l'alcool pendant mon traitement ?

La consommation d’alcool est le premier pourvoyeur de cancer d’origine hygiéno-diététique (environ 8%) après le tabac. L’alcool, s’il n’est pas formellement contre-indiqué en cas de cancer, reste déconseillé et sa consommation doit rester strictement occasionnelle. Il convient de ne pas dépasser 2 verres par jour et de ne pas boire tous les jours. Il faut dans tous les cas s’assurer de la compatibilité de l’alcool avec le traitement que vous recevez à visée anti-tumorale (notamment dans le cadre d’un essai thérapeutique) mais aussi les traitements de soins de support (interaction possible avec les antalgiques, notamment la morphine).

Quel régime suivre ?

L’alimentation doit être équilibrée, sans règle spécifique. Aucun régime n’a fait ses preuves en termes de prévention et de traitement du cancer. Ni le régime cétogène, ni le jeun (même intermittent) ne sont recommandés. S’il est vrai que les cellules tumorales consomment plus de sucre que les cellules saines, il n’a jamais été prouvé chez l’homme qu’un régime sans glucide ou le jeun réduisent le risque de cancer ou augmentent l’efficacité du traitement. Au contraire, le risque de dénutrition étant plus important en cas de cancer, tout régime restrictif est à proscrire dans l’état actuel des connaissances. Une exception est faite si une corticothérapie prolongée est indiquée, il faudra dans ce cas limiter les apports en sel et en sucres rapides.

Quels aliments favoriser / éviter ?

Aucun aliment à lui seul n’est capable d’agir comme un remède anti-cancer mais le rôle de certains aliments est désormais bien connu. Les viandes rouges et la charcuterie augmentent le risque de cancers, notamment digestifs.

Ils ne doivent pas être consommés de façon quotidienne. Une alimentation riche en fibres et en légumes doit être privilégiée.

Faut-il prendre des compléments alimentaires ?

Lorsque le régime alimentaire est équilibré, aucun complément, notamment en vitamines, n’est nécessaire. Au contraire, des apports excessifs, comme pour le bêta carotène, peuvent induire un sur-risque de cancer. De plus, les compléments, y compris d’origine naturelle, présentent un risque d’interaction avec un certain nombre de traitements du cancer. De façon générale, ne prenez pas de complément avec ou sans prescription médicale (vitamine, phytothérapie, homéopathie) avant d’en avoir discuté avec votre oncologue. 

Que faire en cas de prise de poids ?

Le surpoids et l’obésité induisent un sur-risque de cancer
et augmentent le risque cardio-vasculaire. Le surpoids peut apparaître ou être aggravé par les traitements du cancer commis les hormonothérapies et la corticothérapie prolongée.
Il est donc important de maintenir son poids de forme pendant et après les traitements. Les éléments clés sont un régime alimentaire équilibre riche en poisson et en aliments d’origine végétale(graisses végétales plutôt qu’animales, fibres etc). L’activité physique régulière (30 minutes par jour minimum à intensité modérée, marche rapide par exemple).

Que faire si je perds du poids ?

Au début de la maladie et pendant la chimiothérapie, il arrive souvent de perdre du poids.
Il sera nécessaire en premier lieu d’identifier les raisons de cette perte de poids :

Trouble du goût (dysgueusie)
induit par la chimiothérapie
Troubles digestifs
Nausées, vomissements et/ou diarrhées
Mycose oropharyngée
induisant un dégoût alimentaire
Perte d'appétit
Douleurs lors de la prise alimentaire
lorsque la tumeur fait obstacle
ou après une radiothérapie par exemple

Votre médecin trouvera avec vous la meilleure solution pour traiter les facteurs favorisants la perte de poids. 

Le plus fréquemment, il s’agit d’une perte d’appétit. Pour améliorer la situation, il est conseillé de fractionner votre alimentation, c’est-à-dire faire des repas moins conséquents mais plus fréquents dans la journée, favoriser les aliments que vous aimez et enrichir votre alimentation habituelle (en ajoutant des oeufs, de la crème, du fromage par exemple).

Il peut également être nécessaire de compléter votre alimentation par des CNO (Compléments Nutritionnels Oraux). Ces compléments sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale. Ils existent sous différentes formes : boissons lactées, jus de fruits, biscuits etc. Ils sont à prendre en dehors des repas et ne doivent pas s’y substituer. Riches en protéines, ils permettent de maintenir des apports nutritionnels suffisants et de corriger la dénutrition. Dans des cas extrêmes de dénutrition ou en cas d’obstacle tumoral, on peut recourir à une alimentation artificielle par sonde (tuyau qui part du nez directement dans l’estomac) ou par perfusions.

Dans tous les cas, en cas de difficulté à équilibrer votre poids, vous pouvez faire appel à l’équipe de nutrition de l’établissement qui vous prend en charge : en première intention diététicien(ne) et médecin nutritionniste. Toute perte de poids supérieure à 2 kilos nécessite une prise en charge diététique.