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Vivre avec la maladie

Nutrition

Nutrition et Cancer

Près de 40% des cancers sont évitables, dont 16 à 20% liés à des facteurs alimentaires. Si l’alimentation à elle seule ne permet pas de s’affranchir du risque de cancer ou ne peut guérir la maladie, il existe de bonnes habitudes hygiéno-diététiques à adopter en prévention primaire (pour éviter l’apparition d’un cancer) et en prévention secondaire (en cas de cancer en cours de traitement ou en rémission).

Denny Imbroisi

Denny Imbroisi est un chef cuisinier et auteur gastronomique né en Italie. Il se fait connaitre du grand public en participant à la saison 3 de Top Chef en 2012.
Depuis, il est chef et propriétaire de 3 restaurants italiens basés dans la capitale française.

IDA
117 rue de Vaugirard
75015 Paris
EPOCA
17 rue Oudinot
75017 Paris
MALRO
7 rue Froissart
75003 Paris

Minestrone à ma façon

Pour préparer cette recette, certains découvriront les fregola sarda, variété de pâtes
en forme de petites billes, originaires de Sardaigne. Elles sont toastées au four,
et c’est ce qui leur confère leur goût particulier et leur couleur dorée.

4 PERSONNES

10' PRÉPARATION

50' CUISSON

150g de fregola sarda
1 courgette
1 carotte orange
1 carotte jaune
1 branche de céleri
100g d’haricots verts
100g de petits pois
1 radis noir
2 champignons
1 brocolis
Quelques feuilles de laurier
Herbes hachées
Grana Padano râpé
Huile d’olive extra-vierge
Sel
Poivre

Lavez les légumes et coupez-les en morceaux.

Faites-les revenir dans une grande casserole avec de l’huile d’olive, du sel, du poivre et quelques feuilles de laurier.

Ajoutez les fregola sarda et torréfiez-les quelques minutes.

Couvrez avec 1,5 litre d’eau et laissez frémir pendant 45 minutes.

À la fin de la cuisson, vérifiez l’assaisonnement.

Servir dans des assiettes creuses en ajoutant des herbes hachées et un peu de Grana Padano râpé.

Trofie au pesto

Pour cette recette, le pesto est à l’honneur. C’est l’une des sauces les plus connues au monde que l’on peux créer à partir de toutes sortes d’herbes : plus communément le basilic mais aussi l’estragon, la coriandre et le persil. Le pesto vient de Genova, qui se situe dans la région de Liguria. Cette sauce se marie très bien avec les trofie, mais également avec les trenette, une variété de pâtes longues.

4 PERSONNES

30' PRÉPARATION

15' CUISSON

1 NUIT REPOS
(mortier)

320g de trofie
100g de feuilles de basilic
1 gousse d’ail
30g de pignons de pin
18 cl d’huile d’olive extra vierge
140 g de parmigiano reggiano
60g de pecorino romano
Quelques petites pousses de basilic

La veille, placez un mortier et un pilon en marbre au réfrigérateur et laissez-les refroidir pendant 1 nuit.

Le jour même, mettez les feuilles de basilic, la gousse d’ail pelée et les deux tiers des pignons de pin dans le mortier. Battez le tout à l’aide du pilon en ajoutant l’huile d’olive en filet.

Une fois que le pesto est à la bonne texture, ajoutez la moitié des fromages râpés et mélangez.

Dans une grande casserole, faites bouillir de l’eau salée. Plongez‐y les trofie et laissez cuire jusqu’à ce que les pâtes soient al dente.

Égouttez‐les en veillant à garder un peu d’eau de cuisson.

Faites chauffer très légèrement le pesto dans une casserole puis mélangez avec les pâtes et liez le tout avec l’eau de cuisson réservée.

Dressez dans 4 assiettes et râpez le reste des fromages par-dessus. Agrémentez avec le reste des pignons et des petites pousses de basilic.

Conseils du chef

Privilégiez l’huile d’olive extra-vierge dont le taux d’acidité est très faible et les qualités gustatives, très élevées. À privilégier, notamment pour sa haute teneur en oméga 9.

Préférez les aliments riches en glucides comme les fruits, riches en fibres, comme
les céréales complètes, les légumineuses
et les légumes.

Les impacts de l'alimentation sur le traitement

Puis-je consommer de l'alcool pendant mon traitement ?

La consommation d’alcool est le premier pourvoyeur de cancer d’origine hygiéno-diététique (environ 8%) après le tabac. L’alcool, s’il n’est pas formellement contre-indiqué en cas de cancer, reste déconseillé et sa consommation doit rester strictement occasionnelle. Il convient de ne pas dépasser 2 verres par jour et de ne pas boire tous les jours. Il faut dans tous les cas s’assurer de la compatibilité de l’alcool avec le traitement que vous recevez à visée anti-tumorale (notamment dans le cadre d’un essai thérapeutique) mais aussi les traitements de soins de support (interaction possible avec les antalgiques, notamment la morphine).

Quel régime suivre ?

L’alimentation doit être équilibrée, sans règle spécifique. Aucun régime n’a fait ses preuves en termes de prévention et de traitement du cancer. Ni le régime cétogène, ni le jeun (même intermittent) ne sont recommandés. S’il est vrai que les cellules tumorales consomment plus de sucre que les cellules saines, il n’a jamais été prouvé chez l’homme qu’un régime sans glucide ou le jeun réduisent le risque de cancer ou augmentent l’efficacité du traitement. Au contraire, le risque de dénutrition étant plus important en cas de cancer, tout régime restrictif est à proscrire dans l’état actuel des connaissances. Une exception est faite si une corticothérapie prolongée est indiquée, il faudra dans ce cas limiter les apports en sel et en sucres rapides.

Quels aliments favoriser / éviter ?

Aucun aliment à lui seul n’est capable d’agir comme un remède anti-cancer mais le rôle de certains aliments est désormais bien connu. Les viandes rouges et la charcuterie augmentent le risque de cancers, notamment digestifs.

Ils ne doivent pas être consommés de façon quotidienne. Une alimentation riche en fibres et en légumes doit être privilégiée.

Faut-il prendre des compléments alimentaires ?

Lorsque le régime alimentaire est équilibré, aucun complément, notamment en vitamines, n’est nécessaire. Au contraire, des apports excessifs, comme pour le bêta carotène, peuvent induire un sur-risque de cancer. De plus, les compléments, y compris d’origine naturelle, présentent un risque d’interaction avec un certain nombre de traitements du cancer. De façon générale, ne prenez pas de complément avec ou sans prescription médicale (vitamine, phytothérapie, homéopathie) avant d’en avoir discuté avec votre oncologue. 

Que faire en cas de prise de poids ?

Le surpoids et l’obésité induisent un sur-risque de cancer
et augmentent le risque cardio-vasculaire. Le surpoids peut apparaître ou être aggravé par les traitements du cancer commis les hormonothérapies et la corticothérapie prolongée.
Il est donc important de maintenir son poids de forme pendant et après les traitements. Les éléments clés sont un régime alimentaire équilibre riche en poisson et en aliments d’origine végétale(graisses végétales plutôt qu’animales, fibres etc). L’activité physique régulière (30 minutes par jour minimum à intensité modérée, marche rapide par exemple).

Que faire si je perds du poids ?

Au début de la maladie et pendant la chimiothérapie, il arrive souvent de perdre du poids.
Il sera nécessaire en premier lieu d’identifier les raisons de cette perte de poids :

Trouble du goût (dysgueusie)
induit par la chimiothérapie
Troubles digestifs
Nausées, vomissements et/ou diarrhées
Mycose oropharyngée
induisant un dégoût alimentaire
Perte d'appétit
Douleurs lors de la prise alimentaire
lorsque la tumeur fait obstacle
ou après une radiothérapie par exemple

Votre médecin trouvera avec vous la meilleure solution pour traiter les facteurs favorisants la perte de poids. 

Le plus fréquemment, il s’agit d’une perte d’appétit. Pour améliorer la situation, il est conseillé de fractionner votre alimentation, c’est-à-dire faire des repas moins conséquents mais plus fréquents dans la journée, favoriser les aliments que vous aimez et enrichir votre alimentation habituelle (en ajoutant des oeufs, de la crème, du fromage par exemple).

Il peut également être nécessaire de compléter votre alimentation par des CNO (Compléments Nutritionnels Oraux). Ces compléments sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale. Ils existent sous différentes formes : boissons lactées, jus de fruits, biscuits etc. Ils sont à prendre en dehors des repas et ne doivent pas s’y substituer. Riches en protéines, ils permettent de maintenir des apports nutritionnels suffisants et de corriger la dénutrition. Dans des cas extrêmes de dénutrition ou en cas d’obstacle tumoral, on peut recourir à une alimentation artificielle par sonde (tuyau qui part du nez directement dans l’estomac) ou par perfusions.

Dans tous les cas, en cas de difficulté à équilibrer votre poids, vous pouvez faire appel à l’équipe de nutrition de l’établissement qui vous prend en charge : en première intention diététicien(ne) et médecin nutritionniste. Toute perte de poids supérieure à 2 kilos nécessite une prise en charge diététique.